Presque mais pas un dix

Ce furent sept longues années de recherche. Neuf si l’on compte ses jeunes années dans sa Suisse natale. Durant très longtemps, Ivan Rakitic a été une grande promesse. Un footballeur aux qualités techniques indubitables mais que personne n’était capable de définir. Le Croate est arrivé à Seville un soir de janvier 2011 avec un statut de crack mais personne ne savait ce qu’était réellement capable de faire ce blondin venu d’Allemagne. Trois années ont été nécessaire pour découvrir et maximiser ce talent et le mérite revient en grande partie à Unai Emery. Après énormément d’interrogations on sait maintenant qu’Ivan est, pour le moins, un meneur de jeu, mais pas un numéro dix.

La nuance est volontaire. Si nous n’assurons pas que Rakitic est un pure numéro dix c’est parce que cette position a toujours été associé à l’élaboration du jeu. Par exemple, Andrés Iniesta ou David Silva sont des numéro dix par essence, et bien que leur zones d’activités soient similaires à celles de Rakitic, leur comportements sont très différents. David Silva décroche pour créer le jeu et a un besoin vital de ballon. L’ancien sévillan non. Le futur numéro 4 du Barça est un prodige du jeu vertical, un maître de l’arrivée lancée dans les trente-cinq derniers mètres. C’est cela et pas autre chose Ivan Rakitic. Tout ce qui se passe avant ne l’intéresse pas.

K11

Rakitic reste haut afin d’ensuite proposer des solutions d’attaque rapide.

Depuis que le FC Seville est devenu une équipe volontairement portée sur la contre-attaque, Rakitic est un autre joueur. Sous Unai Emery, les sévillans évoluaient le plus souvent dans un 4-4-2 avec un repli défensif très bas. Devant ils avait pour habitude de garder Bacca et Rakitic, qui ne défendait presque jamais derrière la ligne médiane. En conséquence, le FC Seville avait tendance à récupérer la balle très bas et de là pouvait avoir lieu le show Rakitic : son habilité à recevoir la balle et à lancer le contre. En cela, l’international croate est simplement prodigieux. Sa qualité principale réside dans la facilité qu’il a se situer sur les situations de relance. Aussi bien à droite que sur le flanc gauche, le milieu de terrain ne failli pas au moment d’offrir une aide à ses coéquipiers, y compris dans les situations les plus risqués. De plus, il est capable de servir de point d’appui pour absorber la pression et ensuite relancer le jeu. En réalité, c’est ce qui défini le joueur : la volonté d’être toujours vertical. Quand il entre en contact avec le cuir il prend des risques, et il le fait même sans ballon : il court dans la profondeur ou vers l’aile.

Si au début de l’analyse il est dit que Rakitic n’est pas un numéro dix standard c’est parce que sa tendance à décrocher pour créer du jeu, en phase de possession, est presque inexistante. Tactiquement le FC Seville n’en avait pas besoin et les moments où le Croate se retrouve dans le rond central à la relance sont très rares. Cette tâche revenait le plus souvent aux ailiers que sont Reyes ou Marko Marin. Le joueur de 26 ans prenait beaucoup de temps à « se réveiller » dans ces situations et décrocher pour faciliter la sortie de balle.

La face défensive du Rakitic numéro dix est également très utile. De part son positionnement avancé sur le terrain, il se retrouvait en duel avec les milieux adverses. Son travaille sur Xabi Alonso lors du dernier FC Seville-Real Madrid est un modèle du genre. Ivan excelle dans l’art de couper les lignes de passe avec intelligence et continuité. De fait, De hecho, même en cas de longue séquence de possession de la part de l’équipe adverse, Rakitic ne perd pas son joueur et reste concentré sur sa tâche défensive. Ivan défend bien… dans la moitié adverse.

Rakitic Bra

Le jeu de passe de Rakitic contre le Brésil lors du match d’ouverture de la Coupe du Monde 2014.

Dans un double pivot, Rakitic n’est plus le même. Un footballeur quelconque. Concernant l’aspect défensif, ses meilleures qualités résident dans l’interception et l’anticipation du jeu, en pressant au-delà de la ligne médiane. Il a besoin d’un milieu de terrain plus défensif à ses côtés. Son marquage de zone est mauvais et les adversaires le remarque assez facilement. Son attention sur les seconds ballons n’est pas bonne non plus. Son potentiel dans cette position se situe essentiellement dans son apport au pressing. Sans ballon il ne fait pas autre chose. Si il y a une chose qui est devenue claire avec le temps c’est que Rakitic n’est pas un organisateur. Ce n’est pas un gestionnaire du jeu. La meilleure manière de le montrer est de souligner son incapacité à aligner trois passes consécutives. Ce n’est pas un répétiteur de passe. Il n’a pas ce type de jeu. Il est plus adepte du jeu direct et à la recherche de la passe vers le dernier tiers. Il n’a pas la science pour gérer une circulation du cuir. Lui fait naître les derniers instants de l’action : il joue long, il exécute les passes verticales et tente parfois de percuter balle collée au pied. Des aptitudes qui, de loin, n’ont pas grand choses à voir avec celles d’un milieu relayeur adepte de la possession.

Mais en 2014, l’énigme a bien été résolue. Rakitic est un milieu de terrain tellement offensif qu’il n’est presque plus un milieu mais un attaquant. Avec Emery, Ivan a troqué les passes au milieu pour les ballons décisifs dans les derniers mètres. Il dribble et donne les ballons. Son jeu est simple mais avec cette simplicité, Rakitic fait gagner des matchs. Son habileté naturelle à mener les contre-attaques et les actions verticales l’ont rendu similaire à un éclair jaune.

Article original : Casi ni mediapunta par David León sur ecosdelbalon.com

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